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L’Angola, officiellement république
d'Angola (República de Angola) est un pays situé à la
charnière de l'Afrique centrale et de l'Afrique australe. Ouvert sur l'océan Atlantique,
le pays est limité au nord et à l'est par
C’est
le septième pays d'Afrique par sa superficie;
en effet, il s'étend sur 1 246 700 km2, y compris l'enclave de
Cabinda (7 270 km2) située au nord de l'embouchure du fleuve
Zaïre.
L'Angola, dont la capitale est Luanda, est divisé en 18 provinces (elles-mêmes subdivisées 139 districts): Bengo, Benguela, Bie, Cabinda, Cuando Cubango, Cuanza Norte, Cuanza Sul, Cunene, Huambo, Huila, Luanda, Lunda Norte, Lunda Sul, Malanje, Moxico, Namibe, Uige et Zaïre.
L’Angola est le deuxième pays lusophone par son étendue (après le Brésil) et le troisième par sa population (après le Brésil et le Mozambique). Le pays occupe un territoire assurant la transition entre l'Afrique francophone au nord et l'Afrique anglophone au sud.
2.1 Les ethnies
Parmi les diverses ethnies qui peuplent l'Angola, quatre grands groupes forment près des trois quarts de la population. Les Ovimbundus (37 % de la population) dans le Centre et le Sud; les Kimbundus (24 % de la population) dans le Nord et le Centre; les Bakongos (13,2 % de la population) dans le Nord-Ouest; les Lunda-Tchokwés (5,4 %) dans l'Est. On peut ajouter également les Nyaneka-Humbé (5,4 %), les Luimbe (5,4%) et les Ambo (2,4%). À côté des Bantous, on trouve des peuples d'origine khoïsane (quelques milliers), issus des Bushimans et des Hottentots, qui vivent près de la frontière zambienne. Les métis représentent environ 2 % de la population. Avant l'indépendance en 1975, la communauté portugaise comptait environ 700 000 Blancs; la plupart de ceux-ci sont maintenant retournés au Portugal (environ 500 000 retornados) ou ont immigré en Afrique du Sud (env. 200 000).
2.4 Les langues africaines
Selon les données démolinguistiques (1993) du Summer Institute of Linguistics de Dallas, plus de 90 % des Angolais parleraient des langues bantoues comme langue maternelle. Celles-ci sont au nombre d'une quarantaine, mais cinq d’entre elles ont le statut de «langues nationales» et comptent pour près de 80 % des locuteurs. Il s’agit du umbundu (4 millions de locuteurs), du kimbundu (3 millions de locuteurs), du kikongo (1,1 million de locuteurs), du quioco (500 000) et du ganguela (172 000). Même si le lingala (une autre langue bantoue) ne constitue pas une langue angolaise, cette langue est parlée par beaucoup d’Angolais qui connaissent le Congo-Kinshasa.
2.5 Les langues étrangères
On estime aussi que beaucoup d’Angolais scolarisés et ceux qui ont résidé au Congo-Kinshasa, au Congo-Brazzaville ou en Namibie savent également le français et/ou l’anglais en tant que langue seconde. En somme, beaucoup de citadins angolais sont à la fois lusophones, francophones et anglophones.
2.6 Les religions
Au début des années quatre-vingt-dix, près de 53 % des Angolais étaient de religion chrétienne (catholique pour les deux tiers); le reste de la population est animiste. Il existe aussi de petites Églises indépendantes, notamment l’Église tokoïste et l’Église kimbanguiste (fondée en 1921 au Congo belge et reconnue par le gouvernement angolais).
Les peuples de langue bantoue commencèrent à émigrer par vagues successives depuis le golfe de Guinée et atteignirent la région dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Les premiers habitants de l'actuel Angola parlaient des langues khoïsanes, et ils furent progressivement repoussés vers le sud par les Bantous. Ces derniers se métissèrent au cours des siècles avec les peuples autochtones et fondèrent des royaumes. L’un d’eux, le Kongo (le «pays de la panthère») finit par dominer la région et était à son apogée lors de l'arrivée des Européens.
3.1 L’arrivée des Européens
Lorsque l'explorateur portugais Diogo Cão atteignit le cap du Loup à l'embouchure du Zaïre vers 1482, il trouva le royaume Kongo bien établi de part et d'autre du fleuve. Le royaume, gouverné par le mani-kongo (roi) depuis la capitale Mbanza, au nord de l'Angola actuel, prospérait grâce au commerce avec les populations de l'intérieur du pays, échangeant outils et armes contre de l'ivoire. Les Portugais furent bien accueillis par le souverain Nzinga Nkuwu. Quelques années plus tard, les missionnaires portugais réussirent à convertir au catholicisme le mani-kongo (en 1491). La capitale du royaume changea de nom et devint São Salvador.
Après la mort de Nzinga Nkuwu en 1507, les Portugais modifièrent leurs relations et finirent par administrer totalement le royaume. Mais, désireux de s’approprier les mines d’or et se procurer des esclaves, les commerçants européens utilisèrent la manière forte. En 1668, le mani-kongo Antonio tenta de les chasser, mais il fut vaincu et tué. Fortement diminué, le royaume du Kongo disparut.
3.2 La colonisation
portugaise
L’Angola fut le premier pays africain à
connaître le colonialisme européen. Le Portugal développa la région côtière et
les rives du fleuve Congo, ce qui entraîna dans les villes un certain métissage
de la population. Le pays devint un vaste territoire de chasse aux esclaves à
destination du Brésil et de Cuba. La traite des esclaves se développa avec la
complicité de certaines ethnies, les Portugais suscitant des rivalités entre
les unes et les autres. Le commerce d'esclaves depuis l'Angola fut interdit en
1836, mais la traite se poursuivit tardivement dans les colonies portugaises au
moins jusqu'en 1878, date à laquelle l'esclavage fut officiellement aboli (
On estime que, du XVIe siècle au XIXe siècle, quelque 16 millions d’Africains auraient été déportés à bord de bateaux portugais, mais seulement quatre millions d’entre eux auraient survécu au voyage et seraient devenus des esclaves au Brésil (ou au Mexique). La traite des Noirs a effectivement vidé une portion considérable de Bantous angolais, mais à partir de la fin du XVIIe siècle on sait que les esclaves qui arrivaient au Brésil provenaient majoritairement de l’ethnie yorouba dont les descendants vivent aujourd’hui au Nigeria. Compte tenu de la grandeur du pays, l'ampleur du commerce des esclaves en Angola et le régime colonial portugais expliquent le faible peuplement de ce pays.
- La province d’outre-mer
En
Cependant, la rébellion nationaliste éclata dès 1956. Ce fut l’attaque de la prison de Luanda le 4 février 1961 par le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), un mouvement d’orientation marxiste, qui marqua le début de la guerre d'indépendance. Les Bakongos et les Kimbundus détruisirent près de 700 plantations de café, tuant plusieurs centaines de colons portugais. L'armée portugaise réagit par des représailles massives et massacra des milliers d'insurgés et contraignit à l'exil près de 400 000 Bakongos. Lors des années suivantes, le Portugal augmenta son effectif militaire qui atteignit 60 000 hommes. On estime que 160 000 soldats se sont battus pour le Portugal en Afrique (Guinée équatoriale, Angola, Mozambique, Cap-Vert). Alors que, à la fin des années cinquante, la décolonisation soufflait sur toute l’Afrique, notamment les colonies françaises et britanniques, le Portugal allait à contre-courant de l’histoire, en exportant massivement des colons vers ses colonies. Les guerres coloniales se poursuivirent après la mort du dictateur Salazar (1970), soit jusqu’en 1974, alors que se désintégrèrent les colonies portugaises.